Proposition de loi contre les « thérapies de conversion » : enfin à l’Assemblée !

    Ce mardi 5 octobre arrive devant l’Assemblée nationale le texte visant à interdire les « thérapies de conversion ». En tant qu’association particulièrement engagée contre l’homophobie et la transphobie en contexte religieux, nous nous réjouissons que ce texte, issu d’un travail initié dès 2017, trouve enfin sa place dans le calendrier parlementaire. Nous sommes reconnaissant.e.s de l’engagement de la députée Laurence Vanceunebrock, rapporteuse du texte, qui l’a porté dans la durée.

    Dans le travail mené, auquel David & Jonathan a contribué, certains points retiennent l’attention, et tout d’abord la difficulté à caractériser la nébuleuse de pratiques que l’on peut regrouper sous le terme de « thérapies de conversion ». Cette expression, qui charrie avec elle un imaginaire de violences et de contraintes fortes, fait face sur le territoire français à une réalité dissimulée et parfois niée. Personne n’avouera proposer de « thérapies » afin de convertir ou de guérir les personnes LGBT+ (Lesbiennes, Gaies, Bi, Trans). Pourtant, il existe encore aujourd’hui de nombreux cadres d’accompagnement, individuels ou collectifs, dans lesquelles une personne LGBT+ sera confrontée à diverses pressions et promesses pour l’inciter à se détourner de ses désirs ou de son identité, et retrouver le « droit chemin ». Prières, sessions, accompagnement spirituel, groupes de parole ou conférences, les modalités de ces « thérapies » telles que les nous les identifions sont multiples.

    C’est un des grands mérites de cette proposition de loi : avoir reconnu une acceptation large des phénomènes qu’elle invite à combattre, en pénalisant « les pratiques, les comportements ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, vraie ou supposée, d’une personne ».  

     L’invisibilité de ces pratiques, et la difficulté à les mettre au jour, révèlent cependant un enjeu de taille : qui saura mener le très fin travail de veille et d’enquête nécessaire ? Le risque est que la charge incombe avant tout aux victimes – et ce alors même que plusieurs années sont parfois nécessaires à la prise de conscience de ce qui a été vécu, et que la prise de distance est souvent douloureuse. Quel accompagnement pourra-t-on proposer aux personnes victimes ou en risque de l’être ?

     Nous espérons que cette proposition de loi invitera sur le long terme les différentes institutions religieuses à l’auto-examen et à une vigilance accrue, sans faux-semblant. Leur prise de responsabilité est importante pour prévenir les abus et dérives de celles et ceux qui se déploient sous leur autorité. Là où la vie de couple hétérosexuelle est posée comme une norme et un idéal, où la transidentité est niée, la tentation de la « thérapie de conversion » arrive vite, souvent accompagnée d’une croyance sincère dans la possibilité « d’aider » la personne victime.

  Cette proposition de loi vient désigner et condamner une forme de violence qui n’avait jamais été autant formalisée. Elle manifeste que détourner ou réprimer chez une personne LGBT+ ses désirs, sentiments, ou l’expression de son identité de genre, est une violence, et ce quelle que soit la forme ou l’intensité des moyens mobilisés en ce sens.

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Cyrille de Compiègne
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