Homosexuelles ou célibataires, elles ont eu recours à la PMA – 24 oct 2018 – lien

 

Extrait  : Pour beaucoup d’entre elles, c’est un « droit » comme un autre. Certaines ne comprennent pas, même, que cela puisse faire objet de controverse. D’autres dénoncent leur disparition des débats publics, alors qu’elles sont les premières sinon les seules, estiment-elles, à être concernées par ce sujet. Favorables à l’extension de la PMA, un certain nombre de couples de femmes et de femmes seules militent ouvertement pour l’évolution de la législation, en mettant en avant leur expérience.

C’est le cas de Marianne, membre de l’association chrétienne David et Jonathan. Il y a cinq ans, sa femme, Catherine, de quinze ans son aînée, a accouché d’une petite fille, Clara. Une naissance qui est l’aboutissement d’un processus entamé en 2012, avec un passage par la Belgique, où le couple a recouru à une PMA.

« Catherine et moi nous connaissons depuis 2010 et au bout de quelques années, notre couple étant stable, nous avions envie toutes les deux d’avoir des enfants », explique la jeune femme. Le couple se penche d’abord sur les possibilités d’adopter, puis renonce. « Catherine a été en couple il y a quelques années, et sa compagne a adopté un petit garçon qu’elles ont élevé toutes les deux : à l’époque, un couple de femmes ne pouvait pas adopter. Mais lorsqu’elles se sont séparées, Catherine n’a plus eu aucun droit sur cet enfant. Ils ne se sont jamais revus », poursuit Marianne.

« À quoi va ressembler notre famille ? »
Avant d’entamer leur procédure de PMA, les deux femmes, qui tiennent des chambres d’hôtes dans le Loiret, se sont posé plusieurs questions : « À quoi va ressembler notre famille ? Que veut dire pour nous “être une famille” ? De qui sera-t-elle composée ? » De fait, elles excluent la possibilité de recourir à un ami ou à un couple d’hommes pour concevoir un enfant. Mais, « j’ai toujours eu ce désir d’enfant », constate-t-elle.

« J’ai été élevée au milieu d’une famille nombreuse, avec trois sœurs et une multitude de cousins. Puis à l’âge de 17 ans, lorsque j’ai découvert mon homosexualité, j’ai lu beaucoup de livres sur l’équilibre psychologique des enfants élevés dans des familles homoparentales. Il y avait du pour et du contre. J’ai aussi entendu plusieurs témoignages. Au final, je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucune différence entre ces enfants et les autres. » Jamais la jeune femme n’a, depuis, envisagé de renoncer à son désir d’enfant. « Ce serait me réduire à mon homosexualité. Mais ce n’est pas le seul élément qui me constitue. » […]

 

L’enfant n’a pas forcément besoin d’un père – 4 oct 2018

 

« Depuis mes 16 ans, j’ai en moi ce désir d’enfant. C’était inenvisageable de renoncer à la maternité », raconte Marianne, mariée avec Catherine depuis 2013 et mère adoptive de Clara, conçue par PMA en Belgique il y a cinq ans. « Pour ma génération, découvrir que l’on était homosexuelle ne signifiait pas renoncer à être mère », poursuit la jeune femme de 34 ans.

Au contraire, pour Catherine, 50 ans, ce désir d’enfant « n’était pas au plus profond de mes entrailles », il est venu plus progressivement. « Il a découlé de notre amour, de l’envie de transmettre, d’élever un enfant », énumère Marianne, qui milite pour l’extension de la PMA dans le mouvement homosexuel chrétien David & Jonathan.

Au lieu de se diriger vers l’adoption, les deux femmes ont décidé de recourir à une PMA « pour avoir un lien physique avec l’enfant », justifie Catherine, qui a porté Clara. « Pour ne pas avoir de tierce personne (un donneur parmi nos proches, un couple d’hommes…) dans ce projet, et que cela soit sûr médicalement et juridiquement », complète Marianne, qui a donné ses ovocytes. Elles partent en Belgique en octobre 2011.

Commence un an de tests médicaux. « Nous avons dû nous mettre d’accord sur plusieurs sujets importants, comme le choix d’un donneur semi-anonyme afin que Clara puisse savoir un jour qui il est, si elle en a besoin. » Que faire des embryons surnuméraires (qui ne sont pas inséminés) ?

« Nous avons décidé de les garder pour d’autres éventuels futurs projets d’enfants, explique Marianne avec gravité. Puis nous les ferons détruire. » Aujourd’hui, Clara a 5 ans. « Nous répondons à ses questions. Elle ne vit pas de manque car c’est sa réalité », affirme Catherine, ancienne enseignante de mathématiques, qui tient des chambres d’hôtes dans le Loiret. « L’important est qu’il n’y ait pas de secret et de tabou », insiste Marianne.

Quant à la question d’une altérité sexuelle fondatrice pour l’enfant, Marianne et Catherine, chrétiennes pratiquantes mais très sévères sur la position de l’Église, en sont sûres : « Notre fille prend conscience de cette altérité, via la société, ses grands-parents, son prof de judo… » Selon elles, « l’enfant a besoin de deux référents, pas forcément d’un père ».