Dossiers D&J n° 7 –  L’immense diversité des sexualités humaines

 

Paris, le 8 juin 2018

 

Dans le présent numéro des Dossiers D&J, nous avons choisi d’aborder le thème des sexualités car, que la relation physique soit vécue ou pas, notre sexualité est présente quels que soient notre âge, notre genre, notre orientation sexuelle, notre situation de santé ou de handicap, notre culture. Ce thème, aux multiples facettes, touche l’identité, la relation au corps, la séduction, le désir et le plaisir, le tabou, les maladies, la parentalité, le social, le droit, les spiritualités, et bien sûr nos amours.

La sexualité est une dimension forte de l’identité qui n’est pas foncièrement différente de l’affectivité en général. Quand on arrive à avoir une sexualité épanouie en tant qu’adulte, quand on accepte de l’explorer, de la vivre, de lever certaines inhibitions, on va mieux dans son corps et dans sa tête.

L’acceptation du désir et du plaisir est très différente d’un individu à l’autre (de l’échec à l’épanouissement). Les pratiques peuvent être très variées et ramènent bien souvent à la question de la relation à l’autre.

La sexualité est souvent vécue dans le cadre d’un couple. L’affection et l’amour se construisent et nécessitent un travail pour ne pas tout balancer à la première anicroche. D’autres inventent des formes de relations différentes (couples ayant des relations sexuelles extraconjugales voire polyamours, célibataires multipartenaires ou absence de rapport sexuels, etc.).

La question de la santé physique ou psychique influe fortement sur la manière dont nous vivons notre sexualité, que ce soit dans l’acceptation de soi, ou la manière dont nous nous protégeons ou pas contre les maladies sexuellement transmissibles et acceptons ou pas l’autre quand il-elle est malade par exemple à cause du Sida.

L’éducation (parents, professeurs), mais aussi les traumatismes (violence, etc.) jouent un grand rôle sur la manière dont nous concevons et vivons notre sexualité de manière négative ou constructive. Ils influent aussi fortement sur le rapport à l’autre quand il-elle est différent-e de soi (genre, orientation sexuelle, maladie ou handicap, âge, etc.).

Le regard social influence fortement notre vision de la sexualité. Il exclut des personnes (handicapés, seniors, personnes LGBT, etc.). Rappelons ici que l’Organisation mondiale pour la santé a reconnu le droit à la sexualité comme un droit élémentaire et fondamental de l’être humain.

Il y a souvent une violence de la norme hétérosexuelle de vouloir s’imposer aux autres En même temps l’affirmation des minorités transforme notre société, ce qui induit des tensions car cela remet en cause les dogmes de certain-e-s (comme on l’a vu avec la « Manif’ pour tous », etc). De même, la manière très diversifiée dont la sexualité se vit dans d’autres sociétés questionne nos certitudes.

Le lien entre sexualité et parentalité varie suivant les personnes interrogées. Actuellement en France la majorité des enfants naissent hors mariage. Le lien biologique, le lien juridique et le lien social ne s’incarnent plus seulement dans un homme et une femme mariés, qui ont procréé leurs enfants et les élèvent au sein de leur foyer. Les formes de familles sont très diverses. L’homoparentalité étant un révélateur de cette évolution. De nombreuses personnes LGBT, maintenant davantage reconnue-s socialement, expriment leur désir d’enfant au même titre que les couples hétérosexuels.

Les personnes LGBT questionnent le genre et le transgenre. Elles influent là aussi sur la perception de l’autre ‘différent’, en particulier lorsqu’il s’agit de son propre enfant.

Etre différent-e, et par exemple lorsque l’on est homosexuel-le ou transgenre, est un parcours d’acceptation personnel mais fait aussi évoluer la société. Cela passe pour certain-e-s par la militance pour faire évoluer le droit et les mentalités.

Pour beaucoup, le lien entre spiritualité et sexualité est fort que ce soit dans la démarche de construction de soi, dans la relation à l’autre voire dans la relation à Dieu. Les Eglises se sont malheureusement, bien trop souvent, « plantées » sur la sexualité tentant de la normaliser plutôt que de partir de la diversité des expériences humaines.

Au travers de ces témoignages et articles, c’est donc bien l’étonnante diversité humaine qui s’exprime. Vouloir réduire la sexualité à quelques schémas types est illusoire et ne résiste pas à la réalité. La sexualité est bien au contraire un facteur d’enrichissement fort si elle est vécue dans le respect de soi-même et de l’autre. Ce chemin passe bien sûr par l’éducation et par essayer de comprendre l’autre dans sa différence (personnalité, histoire, genre, transgenre, santé ou handicap, orientation sexuelle, etc.). Devenir qui on est avec l’autre, en particulier à travers la sexualité, peut être un chemin de vérité et de spiritualité s’il se fonde sur le respect et la réalité des vécus et non sur des dogmes ou des préjugés.

Agnès, Alexandre, Fabrice, Jean-Louis, Nicolas

Pièces jointes