Le journal La Croix publie un dossier sur L’Eglise et l’homosexualité (21-22 avril 2018) – lien

L’Eglise et l’homosexualité – La Croix 21 avril 2018

Extraits : « Les personnes homosexuelles et leurs parents ont l’impression que l’Eglise parle d’accueil mais qu’elle les place à part ». […] De plus, « l’homophobie est encore très présente dans l’ensemble de la société, ‘reste une des causes majeures des suicides d’adolescents’ ». […] Dans l’Eglise catholique, « petit à petit, la mobilisation progresse. Jusque-là très discrets, voire cachés ou réservés à ‘certains prêtres’ connus comme ‘plus ouverts’, l’accueil et l’accompagnement des personnes et aussi des couples homosexuels sortent de l’ombre », ainsi « 35 diocèses ont ‘missioné’ des personnes ‘pour proposer des initiatives en lien avec l’homosexualité’ se réjouit Claude Besson. ». […] Le journal rappelle bien sûr la parole d’ouverture du pape François « Si une personne est homosexuelle et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour juger ? »  ainsi que son texte Amoris Laetita.

« Le refus des instances diocésaines nous a blessées »

Elisabeth Saint-Guily et Géraldine Beys (de David & Jonathan)

Géraldine, journaliste, était mariée lorsqu’elle a rencontré  Elisabeth, doctorante en économie rurale après avoir été onze ans conseillère agricole. Les deux femmes se voyaient souvent à Avesne-sur-Helpe, et se sentaient de plus en plus attirées l’une par l’autre. « J’étais un peu dans le brouillard », se souvient Géraldine. Jusqu’à ce jour de décembre 2006 où elle révèle son amour à Elisabeth. Du fait de ses valeurs familiales catholique, Elisabeth « culpabilise » face à son attirance pour une femme mariée : « j’envisageais même de déménager ».

Géraldine décide de demander le divorce en 2007. Les deux femmes s’installent ensemble en 2008. Elisabeth, très engagée dans l’Eglise – « J’ai foi en un Christ qui libère et appelle à la Vie », souligne-t-elle -, informe son curé de sa nouvelle situation et lui propose d’arrêter la préparation des jeunes à la confirmation. « Je ne pense pas que cela soit incompatible », lui répond-il. En 2010, après s’être pacsées, Elisabeth et Géraldine demande à un prêtre et une pasteure de les bénir. En 2013, elles se marient, chacune en robe longue. « Notre couple est compétemment reconnu partout », affirment les deux femmes musiciennes dans l’harmonie municipale.

Dans l’équipe de Chrétiens en monde rural, Elisabeth et Géraldine se sentent également soutenues. Cet accompagnement les a aidées pendant les débats autour du mariage pour tous, qu’elles vivent intensément puisque Elisabeth est alors co-porte-parole du mouvement homosexuel chrétien David & Jonathan. En 2014, elle est appelée à faire partie du conseil de paroisse. Avec générosité, elle simule les paroissiens pour aider les migrants. Si bien qu’à l’automne 2016, elle est appelée par le doyenné à devenir animatrice de « Pierre et Paul », une formation pour laïcs en responsabilité.

Cette perspective la « passionnée. Elisabeth tient toutefois à informer le diocèse de sa vie de couple. « Le diocèse a alors dit non ». Cela a été une grande blessure pour moi », poursuit la jeune femme qui, bien que « touchée » d’avoir reçu une lettre de l’évêque lui demandant pardon et lui proposant de la rencontrer, n’a pas souhaité s’expliquer. Après ce refus des instances diocésaines, Elisabeth n’est plus parvenue à aller à la messe pendant un an et a démissionné du conseil de paroisse. Elle reste néanmoins très investie auprès des migrants.

Photo: La Croix