Une tête de Romain, avec un front de marbre bombé, aux côtés luisants surmontés d’une vague de cheveux blancs rebroussés en crinière ” tels est le professeur d’université que rencontre Roland, jeune étudiant. Le professeur le fascine par son savoir, sa force, mais aussi par ses absences imprévues, ses silences… Invité à loger chez le professeur, Roland fait la connaissance de sa femme et découvre que le couple a ses secrets. Petit à petit, par le regard de cet étudiant qui renonce à une vie de libertin pour se consacrer, comme son modèle, à la quête du savoir, au plaisir de la curiosité intellectuelle, on découvre que le professeur n’est pas seulement celui que l’on veut bien voir. Les absences et les silences cachent des blessures, la force dissimule des vulnérabilités, le plaisir de la pensée masque le plaisir de la chair, la passion du corps des garçons. Mais l’on est dans une petite ville d’Allemagne, seulement réputée pour son université, où le désir d’un homme pour d’autres hommes ne peut se dire ouvertement. Zweig nous amène petit à petit à entendre une réalité inattendue, celle de la vie de ce professeur, et celle de Roland, témoin et confident, amant interdit et qui ne partage pas le désir de son mentor mais qui dira qu’il n’a néanmoins aimé personne plus que lui.