de Oliver Ducastel et Jacques Martineau, 2003

On se souvient peut-être vaguement ou précisément (si c’est récent) de cette période de notre histoire où l’on a un désir qui nous travaille, de manière plus ou moins consciente, sans que l’on sache de façon certaine de quoi il s’agit. Sans que l’on puisse mettre des mots dessus. Sans que l’on puisse concevoir que cela aura une importance telle que notre existence quotidienne en sera bouleversée. Et parfois, à ces moments-là, cela se traduit dans nos passions, nos hobbies.

C’est ce qui se passe pour Etienne à qui l’on offre une caméra pour ses seize ans dans le film « Ma vraie vie à Rouen » de Olivier Ducastel et de Jacques Martineau. A travers l’objectif, on assiste à la découverte, de plus en plus précise, au fil du temps, de son désir pour les garçons. A la maturation d’une personnalité en pleine évolution (l’histoire se déroule sur un an). On est témoin des rapports qu’entretient Etienne avec sa famille, Ludo, son meilleur ami, dont il est amoureux, avec lui-même et son corps (il fait du patinage). Et on peut vous l’assurer, malgré quelques longueurs, ce film vaut le coup d’être vu car il nous dit ou rappelle beaucoup de choses.