Un film de Josiane Balasko, 1995

Un couple comme tant d’autres, l’homme volage, la femme soumise, voit leur pseudo-équilibre conjugal (qui masque mal le mal-être de l’un et de l’autre) être renversé par l’arrivée quelque peu assumée de Marie-Jo, lesbienne qui affiche clairement son désir pour les femmes et son plaisir à s’habiller de façon masculine.

Cette rencontre à trois est l’occasion pour Balasko d’évoquer le plaisir brûlant de la découverte d’un désir partagé, l’utilisation de l’un pour se venger de l’autre, la difficulté de faire des choix, l’homophobie violente qui discrédite avec rage (« je comprends qu’elle soit de la pelouse, y’a des gonzesses qu’ont pas le choix »), certaines conceptions du désir masculin (« un homme peut tromper sa femme, y’a que la queue qui parle ; ça ne remet pas l’amour en question »).

D’un humour parfois gras plus ou moins convaincant, tombant (délibérément ?) dans certains clichés, ce film questionne cependant les normes de la socialisation du désir, la liberté amoureuse, l’irréductible égoïsme qui habite nos envies de jouissance.