« Etre et se vivre homo ».
* Quand on est différent c’est difficile d’être soi-même.
La révélation peut se faire à l’adolescence, à la simple vue d’un couple homo qui s’embrasse.
Aimer une fille d’amitié et un garçon d’amour est le schéma normatif pour une fille, aucune référence n’est proposée aux jeunes homos, pas de cours de sexualité sur l’homosexualité.
Ne pas vouloir voir son homosexualité peut être une réaction à cette découverte, on donne le change, surtout si le milieu de vie est strict en matière de morale et de religion.
Très tôt, le désir vers les personnes du même sexe se manifeste, alors que le désir vers les personnes du sexe opposé n’apparaît pas. Pour certains cette découverte brutale est très heureuse. Pour d’autres la découverte est progressive et quelques fois source de souffrance, se savoir homo est comme une injure.
* L’homophobie est si forte que quand on se découvre homo, on a honte, on a peur.
L’impossibilité d’en parler, peut pousser au suicide.
Certains développent trois personnalités, une avec les parents, une avec les copains, et une face à soi-même. La vie d’un homo n’est pas de se faire traiter de PD ou de gouine toue sa vie.
L’image des lesbiennes est très négative, elle se rapporte à la pornographie, aux prisonnières, aux camionneurs, elles sont laides, aigries, elles ont peur des hommes, ne sont pas apte au plaisir. Même dans le cinéma elles sont très souvent présentées comme des dominatrices, méchantes, tortueuses, et qui finissent par avoir une mort violente, ou se suicident.
* Affronter le regard des autres peu être très douloureux.
Les insultes, les coups sont fréquents contre les jeunes homos. Ils ou elles deviennent les boucs émissaire du lycée. Les filles sont regardées avec un regard vicieux ou méprisant de la part des hommes qui ont parfois, aussi des attitudes très violentes. Les garçons sont traités de « PD, tafioles, pédales » etc. On ne parvient à se faire respecter qu’a partir du moment où on se comporte courageusement et en employant les moyens légaux. (Plainte à l’administration, à la police). La déviance par rapport à la norme et l’ignorance engendre la peur et conduit à la violence.
* La famille entre refuge et prison.
Certains parents conseillent l’abstinence sexuelle à leur enfant homo, l’imagination qu’ils ont des pratiques homosexuelles sont insupportables pour eux. D’autres excluent totalement leur enfant de leur vie et de leur famille. La visite chez un psychiatre est encore courante pour « soigner l’homosexualité », les enfants acceptent pour avoir la paix. Le choix est restreint, l’abstinence ou la guérison.
Dire ce que l’on est, est une marque de respect pour les autres, l’impossibilité de communiquer, le silence, est pire que tout. Personne ne parle mais tout le monde veut savoir.
Les homos ne veulent pas se sentir comme des monstres, des bêtes curieuses, ou des malades mentaux.
* Le coming out.
La peur de la réaction violente, l’impossibilité d’en parler sans pleurer rendent le coming out difficile. Cette démarche doit être faite dans un esprit d’annonce et non d’aveu.
Après un coming out les parents se culpabilisent, « pourquoi cela arrive à mon fils ? », « je ne serais jamais grand-mère ». Certains parents peuvent aussi avoir peur que leur enfant subisse l’influence extérieure, qu’ils ne soient manipulés.
Cette démarche est capitale pour ne plus mentir.
Elle est aussi une libération, une éclosion, une nouvelle naissance.
* Le poids de la culture dominante écrase la minorité.
Dans nos civilisations on est automatiquement considéré comme étant hétérosexuel avec les grands clichés du masculin et féminin bien déterminés. Le garçon doit s’identifier au père, la fille à la mère. Un garçon ne joue pas à la poupée et une fille ne joue pas aux petites voitures.
L’idée est que l’amour est impossible entre deux personnes du même sexe, et que le bonheur n’est possible que dans une relation hétérosexuelle.
Echanges au sein du groupe 1.
Réaction au film « Etre et se vivre homo »
Il est incroyable qu’à notre époque, nous ayons encore recours à la psychiatrie pour « guérir de l’homosexualité » et que des jeunes soient les boucs émissaires de leurs compagnons de lycée. Etre homosexuel et s’affirmer en tant que tel, implique de se faire violence pour sortir du phénomène de victimisation. Ne plus être une victime, mais être soi.
La victime vit son homosexualité comme un faute, elle accepte d’être le bouc émissaire, il lui faut une certaine force de caractère pour prendre conscience de l’homophobie dont elle est victime et s’affirmer.
Les garçons n’ont pas les mêmes sujets de conversation que leur camarades, ils n’ont pas les mêmes goûts musicaux et autres. De ce fait ils fréquentent plus volontiers les filles, pour qui ils sont des amis de grande qualité.
Il y a bien souvent une grande tristesse chez les jeunes homos. Le désir d’être comme les autres, ou d’être accepter par les autres obligent à plus d’efforts dans de nombreux domaines. Cultiver la différence pour cultiver la tolérance.
De nos jours on est contraint de se définir sexuellement, bien plus tôt que par le passé. Les nouvelles générations sont sexualisées très tôt.
Les jeunes sont en attente d’adultes qui les aident à parler de leur homosexualité.
La peur d’en parler vient de la crainte de perdre l’estime de sa famille, de détruire les relations existantes. Toutefois il vaut mieux que la famille l’apprenne de la personne concernée que par d’autres. Cette confiance accordée peut fortifier les liens entre les membres d’une famille.
Comment se manifeste l’homophobie ?
Tout le monde est homophobe, les injures se banalisent. Les homos sont apparentés à des choses sales, contre nature. L’homophobe se sent dans son bon droit d’employer des insultes. « PD ou gouine » peut être blessant ou anodin, selon la façon dont c’est dit. Ce que l’on veut vivre, c’est la complicité, lorsque l’on entend l’expression « ce n’est pas un ….. de PD », on est exclu, et donc plus dans la complicité.
Entre homos ces termes sont quelques fois employés avec humour, il ne faut pas non plus devenir paranoïaque, et voir de l’homophobie partout.
La sexualité est du domaine de la vie privée, mais tant qu’il y aura de l’homophobie, cela restera du domaine public. Les images des lesbiennes qui « volent » la femme d’un homme, les pratiques homosexuelles suscitent une homophobie viscérale, un dégoût, et posent la question : « Est-ce que j’ai le droit de faire ça ? ».
INJURES HOMOPHOBES
L’homophobie s’articule en un triangle : Injurieur, Injurié, Témoin.
L’injurié est vulnérable.
L’injurieur se pense dans son bon droit.
Le témoin peut réagir pour donner réparation.
Comment se construit l’homophobie ?
Le petit garçon doit prouver qu’il est un garçon, « ne joue pas à la poupée ». Dés la plus petite enfance on marque les êtres « au fer rouge », « celui-ci sera un délinquant, celle là ne sera pas belle ».
Nous ne voulons pas que notre enfant soit homo il est notre miroir.
L’homophobe s’élève au dessus de l’autre, et réduit les êtres à leur sexualité. Les bases de l’homophobie sont dans le non respect des normes.
Est-ce que l’homophobie et l’antisémitisme n’ont pas les mêmes racines ?
La discrimination pour l’accès à certaines professions est pratiquée pour bien des minorités l’armée, la police …etc.
Dans les mentalités l’homme doit avoir le pouvoir, la femme doit être soumise, les hommes sont actifs, les femmes passives.
Un homo actif est mieux considéré qu’un homo passif, demandent-on aux hétéros tant de détails sur leur pratiques sexuelles ?
Bien que les hommes se féminisent en s’occupant des enfants plus que par le passé, les métiers pratiqués par les hommes sont toujours plus valorisants. (Un cuisinier = Paul Bocuse, Une cuisinière = grand-mère derrière ses fourneaux). De même, pour le même travail les salaires versés aux hommes sont plus élevés que ceux perçus par les femmes.
La société valorise des qualités différentes selon les sexes, une fille doit être sage et jolie et un garçon doit être turbulent.
Les comportements du corps nous stigmatisent pour peu que nous sortions des rangs. Un homme ne peut pas avoir une gestuelle féminine, et une femme doit être gracieuse.
Les modèles des contes pour enfants n’ont rien pour les homos.
L’idéal masculin est le joueur de rugby, une véritable niche commerciale qui cible les gays sans oser le dire. Les gays sont bien souvent à l’origine des modes vestimentaires et musicale, ils sont des cibles marketing.
Qu’est ce que l’homophobie intériorisée ?
On peur lire dans les petites annonces de rencontres : « folle s’abstenir », « bi, ou alcoolos s’abstenir ». On intériorise l’homophobie anti-folle. On est gêné par le comportement d’une « folle » lorsque nous sommes avec des gens qui nous connaissent, dans le monde du travail, famille, amis. La tenue vestimentaire entraîne un jugement immédiat. On n’assume pas la partie « folle » qui est en nous, de ce fait on est jamais soi-même.
Est-ce que vous sortiriez avec une « folle », aller au restaurant, à la plage avec lui ?
On « fait avec » le côté provocateur, on ne le présente pas à sa famille.
La relation est difficile par rapport au regard du public, les autres pourraient penser que nous sommes aussi une « folle ». La grande « folle » nous renvoie une image de non acceptation de notre propre sexualité.
« Elle » a le courage de ne pas s’effacer, d’être lui-même. « La folle » est une personne libre, il n’a pas de problèmes avec l’image.
En prenant le temps de le connaître, « la folle » devient un être à part entière, et son apparence n’est plus, pour nous, sa seule identité. « La folle » est un stéréotype, mais nous sommes tout aussi mal à l’aise avec un transsexuel, nous ne savons pas à qui nous avons à faire jusqu’au moment où « l’étrange » devient un être tout simplement.
Est-il possible que les autres me considèrent comme une « folle » ?
Il y a en nous, deux personnalités à réunifier pour ne pas avoir une conduite hautement destructrice. Se reconstruire pour gagner l’estime des autres, se faire aimer. Nous aurons le naturel pour répondre à l’homophobie si nous avons abouti l’expulsion de notre propre homophobie intérieure. Se libérer de cette idée que les homos ne sont pas à la hauteur par rapport aux hétéros, même si l’on vit bien son homosexualité.
Dans un livre sur le suicide gay sont décrits quatre types de garçons, mais cela peut être valable pour les filles.
Le garçon parfait : ne veut pas décevoir qui que se soit.
Le caméléon : il joue un rôle avec les gens, n’est jamais lui-même.
Le PD de service : il est en permanence harcelé, insulté.
Le Rebel : réagit contre l’homophobie, mais passe par l’alcool, la drogue, est malheureux.
Ces quatre types de caractères sont en proie au suicide.
L’homoséxualité peut aussi être vécue de façon heureuse lorsque l’ont identifie sa propre homophobie et que l’on ne lui donne pas le champ libre dans notre vie.
Synthèse :
La construction se fait dans l’enfance par des procédés de rejet.
Exemple : « je suis Français, je ne suis pas un étranger. Je suis un garçon, je ne suis pas une fille. »
Je suis un homme, je rejette l’homme efféminé, je suis une femme je rejette la « camionneuse ».
Le rejet de certaines parties de soi, je ne suis pas digne d’être aimé si je suis homo. Je me mésestime.
Je ne veux pas être une « camionneuse » ou une grande « folle », l’homophobie c’est la peur de l’autre en soi.
Andrée Contanciel